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Sauvons les semences avant qu’il ne soit trop tard !

Sauvons les semences avant qu’il ne soit trop tard !

Les semences, les variétés anciennes notamment, sont en danger.

Elles sont désormais aux mains de l’industrie chimique internationale, comme LimagrainMonsanto ou Bayer

Les paysans, les horticulteurs et bientôt le jardinier du dimanche ont les mains liées et ne peuvent même plus faire pousser ou vendre les semences qu’ils veulent.

Tout est contrôlé, cadenassé et les choses ne semblent pas devoir s’arranger…

Pourquoi un tel contrôle sur les semences ?

Si l’on en croit les instances étatiques internationales, c’est uniquement pour respecter le principe de précaution qu’il est devenu nécessaire de contrôler et de ne sélectionner que certaines semences.

D’où la mise au rebus de beaucoup de variétés anciennes, qui n’ont pas fait l’objet de contrôles suffisants pour pouvoir être mises sur le marché. Vous vous rendez compte, elles risqueraient de décimer des populations entières.

Alors que les semences produites et mises au point (après des recherches poussées) par l’industrie chimique ne font encourir aucun risque aux populations. Remplies de pesticides et autres produits chimiques, parfois “ogm-isées”, elles sont meilleures pour la santé et l’environnement, c’est certain…

 

Comment s’exerce le contrôle ?

En fait, toutes les semences mises sur la marché doivent être inscrites sur un catalogue officiel. Cette inscription est payante et implique de nombreuses recherches en amont et des séries de certifications.

Elles sont soumises à des critères précis d’homogénéité et de stabilité notamment, qui induisent que seuls de grands groupes chimiques peuvent les remplir. Le petit paysan du coin qui voudrait faire inscrire sur le catalogue officiel une semence qu’il tient de son arrière-grand-père et qu’il lui a été transmis de génération en génération, serait recalé inévitablement.

Par conséquent, seuls les grands groupes industriels mondiaux ont la possibilité d’y inscrire les semences qu’ils “inventent” et font breveter. D’où une disparition progressive des variétés anciennes. Plus productives, reproductibles (on peut en retirer ses propres graines d’année en année) et ne nécessitant pas l’emploi de pesticides ou d’engrais chimiques pour pousser, elles ne les intéressent pas.

En France, un super organisme le Gnis (Groupement National Interprofessionnel des semences et plants) est chargé de tout contrôler pour que tout se passe bien dans le meilleur des mondes. Il est censé sauvegarder la biodiversité et même les variétés anciennes. C’est ce qui est écrit noir sur blanc sur leur site internet.

Mais, en y regardant de plus près (il faut toujours lire entre les lignes…), on se rend compte que le catalogue de semences qu’il propose est très peu fourni. Les variétés anciennes qu’il autorise sont vraiment en faible quantité par rapport à ce que propose Kokopelli ou Semailles, 2 des résistants les plus connus.

Tous les professionnels du secteur sont obligés de se soumettre au Gnis, donc de suivre scrupuleusement le catalogue officiel des semences, alors que cet organisme ne représente que les plus gros professionnels du secteur, des industriels en fait. Le problème, c’est qu’il intervient au niveau européen, donc il y a risque de conflits d’intérêt.

En effet, les petits paysans, le petit professionnel local qui a du mal à s’en sortir, n’auront jamais l’argent et le pouvoir nécessaires pour imposer leurs propres semences ou plants. D’autant plus que le Gnis dispose d’agents de répression des fraudes chargés d’aller chez les paysans, les maraîchers ou les horticulteurs pour  vérifier qu’ils sont en conformité avec le catalogue officiel, établi au profit du professionnel qui pense avant tout en terme d’argent et non de biodiversité.

Quelles conséquences ?

 

  • Les semences proposées au catalogue officiel sont, pour l’essentiel, hybrides, de type F1 (en quelque sorte stériles), donc il est impossible d’en retirer nos propres graines pour les années suivantes. Ainsi, chaque année, les paysans et autres jardiniers sont obligés de racheter des semences produites par les grands groupes chimiques, ce qui leur procure un revenu conséquent chaque année. Mais, rappelons-le, ils n’exercent un contrôle sur les semences qu’uniquement pour protéger le consommateur qui risquent très gros à vouloir manger ou cultiver des variétés anciennes.
  • Toutes les semences sont standardisées et bourrées de produits chimiques.
  • La biodiversité court un grand danger. Certes, il y a quelques années, a été créée une sorte d’arche de Noé en Norvège pour conserver toutes le semences mondiales. A priori, c’est une bonne chose : l’Humanité est sauvée ! Mais, n’oublions pas que ce projet est financé par les grands industriels déjà cités, qui ont désormais la main mise sur le code génétique de ces semences qui appartenaient avant aux paysans qui étaient libres de les cultiver comme ils le sentaient.
  • Les petits producteurs de semences de variétés anciennes finissent pas baisser les bras parce qu’ils n’ont pas les moyens d’inscrire leurs semences dans le catalogue officiel.
  • Même les échanges de semences sont interdits entre paysans. Chez le jardinier amateur, pour le moment, c’est encore possible. Mais, jusqu’à quand ?
  • Ceux qui veulent se rebeller et continuer à proposer des semences de variétés anciennes comme Kokopelli ou Semailles sont poursuivis en justice pour concurrence déloyale et risquent de disparaître très prochainement. Ils ne font pas le poids face aux grandes industries chimiques de la semence et au Gnis, malgré leur bonne volonté.
  • Les paysans ont les mains liés et ne sont plus libres !

Comment lutter ?

 

C’est difficile. Pour le moment, cela semble même impossible.

En parler, dénoncers’insurgerdiffuser l’information pourront peut-être faire bouger les choses…

Continuer à soutenir l’association Kokopelliproduire ses propres graines et les diffuser gratuitement autour de soi, voilà ce que vous pouvez faire également. Personnellement, c’est ce que je fais. Cette année, j’ai semé, par exemple, 15 variétés de courges Kokopelli différentes dans mon jardin. Même si toutes ne pousseront peut-être pas, j’aurais essayé et je suis sûre, en tout cas, que je pourrai concocter une infinité de plats différents.

Juste pour finir, je vous signale qu’il y a quelques années, Monsanto a fait une proposition de loi en Amérique visant à interdire le jardinage pour, soi-disant, des raisons sanitaires ! Fort heureusement, cette loi n’est pas passée. Jusqu’à quand…

 

 

À propos de l'auteur

katygawelik

Administratrice du site. Experte en cuisine saine, gourmande et végétarienne. Passionnée de cuisine.

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