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Potagers : bientôt interdits ?

Potagers : bientôt interdits ?
Les potagers et les jardins individuels ou collectifs vont-ils être prochainement interdits ? Une petite phrase d’un responsable d’étude de l’Anses semble nous orienter vers cette aberration, vers cette abomination.

 

Il y a quelques mois, a circulé une info selon laquelle l’Europe voulait interdire les potagers, les jardins individuels afin d’inciter les consommateurs à acheter des légumes et des fruits du commerce (qu’ils soient « industriel » ou non). A cette époque, tout le monde se disait que c’était une fausse info, une rumeur infondée qui circulait. Moi-même, je n’ai jamais pris cette information au sérieux, tellement elle était inimaginable.

 

Mais, la semaine dernière, j’ai été interpellée par l’interview d’un responsable, Dominique Gombert, de l’enquête de l’Anses sur les habitudes alimentaires des Français, sortie en juin 2017.
Interrogé sur la nouvelle étude concernant les habitudes alimentaires des Français, il s’est d’abord inquiété du fait que les Français, surtout les jeunes et ceux à faible revenu, ne consommaient pas leurs 5 fruits et légumes par jour, ce qui était dommageable pour leur santé.

 

En outre, les Français continuent à consommer trop de sel et pas assez de fibres. Et, le surpoids est en constante augmentation : il touche plus de 50 % des Français.

 

Jusque-là, rien à redire… Tout le monde sait qu’il est préférable de se tourner vers les fruits et légumes que vers la malbouffe. Tout le monde sait que l’obésité est un véritable fléau qui est à l’origine de maladies chroniques ou de décès.

 

Mais, à la fin de l’interview, une petite phrase m’a titillée les oreilles. Dès que j’entends le mot « potager » ou « jardin », mes sens se réveillent et j’écoute avec plus d’attention.

 

Le journaliste a mis en avant le fait que l’étude mettait en garde contre les risques des denrées auto-produites, c’est-à-dire les légumes et les fruits cultivés dans nos potagers !

 

Là, Dominique Gombert commence par dire que c’est très bien. Mais, il ajoute : « en matière alimentaire, il y a tout un dispositif de surveillance, de contrôle sur ce qui est vendu, mais derrière, effectivement, quand on produit soi-même, c’est bien, mais ça veut dire aussi qu’il faut faire attention. Il faut s’assurer que c’est produit dans de bonnes conditions, que c’est conservé dans de bonnes conditions »

 

Cette phrase, somme toute anodine, m’inquiète un peu. Effectivement, si les fruits et les légumes sont produits à grand renfort d’engrais ou de pesticides par le jardinier, ils sont aussi – voire plus – nocifs que ceux produits par les agriculteurs industriels. Si vous produisez vos légumes près d’une usine ou sur un sol contaminé, c’est pas top non plus.

 

Mais, l’idée de faire attention à la conservation, ça, cela me fait doucement sourire. Si vous produisez vos propres fruits et légumes, vous savez parfaitement repérer ceux qui sont gâtés et pourris. Donc, vous n’allez pas les consommer !

 

Certes, a priori, les préoccupations de l’Anses sont tout à fait louables. Suivant les modes et les lieux de production, des risques sont encourus.

 

Donc, si on poursuit le raisonnement, il serait peut-être nécessaire d’effectuer des contrôles – comme ceux déjà pratiqués pour les légumes et les fruits produits pas les agriculteurs – pour voir si la production est consommable et sans danger !

 

Mais, comment faire les contrôles et qui va payer les contrôleurs ?

 

Va-t-on fermer les usines polluantes ?

 

Va-t-on décontaminer les sols, les rivières pour permettre aux gens de produire leurs propres fruits et légumes ?

 

Non !

 

On va simplement leur interdire de consommer ce qu’ils produisent, ce qui est tout à fait compréhensible car il y a risque de contamination !

 

Les pouvoirs publics ne vont pas se prendre la tête et, faute d’avoir l’argent nécessaire pour effectuer les contrôles adéquats et surtout infaisables techniquement évidemment, il y a des risques pour qu’ils interdisent l’autoproduction ou l’autoconsommation.

 

Ils seront ainsi couverts et les lobbies agricoles et industriels se frotteront les mains et nous, pauvres consommateurs, qui essayons d’améliorer l’ordinaire ou de tout simplement survivre, en produisant, de manière saine, nos propres légumes et fruits, seront condamnés à acheter, très cher, des fruits et légumes mauvais, insipides, cueillis non mûrs, conservés dans des frigos, produits de manière intensive, ayant parcouru des kilomètres, etc. !

 

Peut-être que je me fais des films, après tout. Il ne s’agit que d’une petite phrase anodine. Mais, je me demande bien, pourquoi, d’un coup, l’Anses parle de sécurité alimentaire et de contrôle à propos des potagers ! Cela peut se justifier a priori, mais quand on creuse, on peut facilement imaginer les conséquences futures si les pouvoirs publics décident d’aller plus loin…

 

Si, dans quelques temps, une loi est pondue pour obliger les jardiniers amateurs à payer pour faire contrôler leur production, sous peine d’une amende en cas de consommation non contrôlée, je ne serai pas étonnée…

 

J’espère me tromper mais je trouve la mise en garde de l’Anses un peu bizarre, même si, bien entendu, j’approuve le faire que la production de légumes et de fruits doit être naturelle et bio… pour tout le monde.
Evidemment, si une telle mesure est prise, la résistance s’organisera et nous serons, Isabelle et moi, les premières à se révolter !

 

Vous pouvez retrouver le rapport de l’Anses en cliquant sur le lien ci-dessous

 

 

À propos de l'auteur

katygawelik

Administratrice du site. Experte en cuisine saine, gourmande et végétarienne. Passionnée de cuisine.

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