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Doublement des surfaces agricoles bios d’ici 2017, une super nouvelle ?

Doublement des surfaces agricoles bios d’ici 2017, une super nouvelle ?

A priori, voilà une bonne nouvelle.

Le Ministre de l’Agriculture, Le Foll, vient de présenter son plan Ambition bio 2017, dans lequel il prévoit le doublement des surfaces agricoles bios d’ici 4 ans.

Cet objectif passe par l’augmentation des aides à la conversion et au maintien des exploitations agricoles bios, la participation au financement d’un Fond destiné à financer des projets de développement de la filière bio, la lutte contre les pollutions d’origine agricole et l’objectif de 20% de bio dans la restauration collective.

 

Ces éléments semblent bien prometteurs mais n’oublions pas que :

 

  • doubler les surfaces agricoles bios en 2017 représentera seulement 8 % des surfaces agricoles totales en France. En effet, aujourd’hui, les surfaces agricoles bios ne sont que de 4 % du total. Certes, c’est déjà mieux que rien. Mais, pour fournir davantage d’aliments bios aux Français et éviter d’en importer, il semble qu’il soit nécessaire d’être beaucoup plus ambitieux.
  • l’augmentation des aides aux agriculteurs bios est la bienvenue, surtout que beaucoup d’entre eux se sont cassés la figure ces dernières années, justement parce que l’Etat les a laissés tomber, parce les lobbies de l’agriculture conventionnelle font tout pour que le bio n’existe plus, parce que certains agriculteurs conventionnels n’hésitent pas à détruire la culture de leurs voisins agriculteurs bios (si si, ça existe !!), parce que les maires de certaines communes ne sont pas très favorables à l’implantation d’un agriculteur bio chez eux.
  • les projets de développement de la filière bio passent nécessairement par le financement de recherches totalement indépendantes en la matière. Ce qui est certain, en tout cas, c’est qu’à partir du moment où des études indépendantes mettront en avant les bienfaits du bio sur la santé et l’environnement, le bio sera mieux considéré et enfin pris au sérieux par la majorité des Français et par l’Etat.
  • la lutte contre les pollutions d’origine agricole demandera certainement des siècles et un financement énorme. Certains dégâts provoqués par l’agriculture conventionnelle et la culture intensive semblent d’ailleurs irréversibles dans certaines régions.
  • les 20 % de bio dans la restauration collective signifient que les 80 % restants ne seront pas bios, ce qui ne sert à rien. Or, la santé des enfants n’a pas de prix.

En plus, en cette période de crise et de restriction budgétaire, je ne suis pas certaine que l’Etat puisse faire davantage. Comme l’a dit le Ministre de l’Agriculture Le Foll, lors de la présentation de son projet, “les budgets ne sont pas extensibles !”.

 

Doit-on pour autant être fataliste ?

 

Personnellement, je ne le suis pas. Je suis convaincue des bienfaits du bio (moins pire que les produits issus de l’agriculture conventionnelle) et j’ai décidé, depuis plusieurs années, de cultiver mes propres légumes et fruits de manière 100 % naturelle.

Et, même si vous n’avez pas de terrain ou de jardin, il existe des alternatives. Les jardins partagés ou les jardins familiaux, le mouvement des Incroyables Comestibles et les petits producteurs bios sont de plus en plus nombreux et pratiquent des prix très raisonnables (cherchez bien…)…

Donc, au lieu d’attendre l’intervention de l’Etat (qui ne peut pas tout faire…) en matière d’agriculture bio, prenez-vous en main !

 

Pour aller plus loin…

 

À propos de l'auteur

katygawelik

Administratrice du site. Experte en cuisine saine, gourmande et végétarienne. Passionnée de cuisine.

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