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Amérique latine : entre obésité et malnutrition

Amérique latine : entre obésité et malnutrition

Selon la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), 39 millions d’habitants en Amérique latine ont souffert de la faim en 2017 et, dans le même temps, 250 millions des habitants (60 % de la population) sont en surpoids et 3,6 millions sont obèses.

Cela fait 3 ans que la faim impacte de plus en plus d’habitants : pour 39,3 millions de personnes, c’est devenu un problème. C’est le Venezuela qui est le plus touché : la malnutrition a concerné 1,1 millions de personnes en 2014 et 3,7 millions en 2017. La crise que connaît ce pays depuis quelques années y est évidemment pour quelque chose !

Le pays a connu une régression terrible : tous les progrès réalisés depuis 2000 sont effacés !

La situation y est tellement préoccupante que la FAO a préconisé au gouvernement venezuelien de recourir à l’aide humanitaire internationale. Bien entendu, le gouvernement, trop arrogant, a refusé.

L’Argentine, la Bolivie et le Mexique sont également touchés par la malnutrition. Mais, c’est Haiti qui détient la triste palme : 45,7 % de la population est touchée par la faim.

Seuls le Brésil, Cuba et l’Uruguay s’en sortent bien.

Dans le même temps, l’obésité et le surpoids ne cessent d’augmenter en Amérique latine, comme je l’ai déjà signalé à plusieurs reprises, prenant l’exemple du Mexique.

Près d’1 adulte sur 4 est obèse. Et, si rien n’est fait, le chiffre risque d’exploser puisque 7, 3 % des enfants de moins de 5 ans sont en surpoids (plus que la moyenne mondiale qui se situe à 5, 6 %).

Pourtant, l’agriculture a connu un boum dans ces pays ces derniers années, mais une grande majorité de la population n’a pas les moyens d’acheter de la nourriture de bonne qualité. De plus, l’américanisation de l’alimentation n’arrange pas les choses !

La croissance de l’agriculture ne se fait pas sans dégât. En effet, qui dit croissance, dit agriculture intensive, donc utilisation d’intrants chimiques pour accroître les rendements. D’où, l’augmentation du nombre des maladies provoquées par ces poisons !

La FAO propose de solutions pour lutter contre la faim. Elle préconise que des alliances se créent entre les institutions locales, les agriculteurs et les différents organismes qui luttent contre la faim.

Mais, tant que l’agriculture sera entre les mains de l’industrie agroalimentaire, qui injecte de l’argent dans ces pays pour pouvoir produire toujours plus, donc toujours plus mal, je ne vois pas trop comment la population pourra s’en sortir !

La FAO veut inciter les populations à se prendre en main en créant des fermes familiales et en travaillant avec les population autochtones.

Cuba n’a pas attendu la FAO pour se prendre en main : du fait de l’embargo américain, elle a créé des jardins partagés un peu partout dans le pays, même en ville, pour produire une alimentation biologique abondante et accessible à tous, surtout aux plus pauvres.

Depuis 2014, la FAO veut développer l’agriculture familiale pour lutter contre la faim.

La FAO préconise aussi de changer les habitudes alimentaires en privilégiant la nourriture saine, ce qui permettra de lutter contre la faim, mais aussi contre le surpoids.

Là, encore, les Etats doivent intervenir et ne pas laisser l’industrie agroalimentaire vampiriser la production et la distribution alimentaire.

La population a également un rôle à jouer. C’est le consommateur qui a le pouvoir ! Bien entendu, c’est plus difficile pour les pauvres, mais parfois il suffit d’un petit lopin de terre pour produire sa propre nourriture…

Comme vous le voyez, l’Amérique latine subit, en même temps, les 2 fléaux les plus terribles du siècle : la malnutrition et l’obésité, 2 pathologies qui sont, à la fois, causées par la pauvreté et par le capitalisme !

 

 

À propos de l'auteur

katygawelik

Administratrice du site. Experte en cuisine saine, gourmande et végétarienne. Passionnée de cuisine.

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